Changer de logiciel, c'est la norme dans le BTP
Le Baromètre France Num 2025, publié par la Direction générale des entreprises, mesure que 69 % des TPE et PME françaises sont équipées d'un logiciel de facturation. Dans le bâtiment, c'est 76 %, l'un des taux les plus élevés tous secteurs confondus, juste derrière l'industrie à 84 %, le transport et le commerce à 78 %.
Autrement dit, l'artisan qui envisage de changer d'outil n'est pas un original. Il est dans une profession déjà largement équipée, où la question n'est plus « est-ce que je m'équipe » mais « est-ce que ce que j'ai me sert encore ». Vous changez de fournisseur de matériaux quand les prix montent. Vous changez de camion quand il vous lâche. Un logiciel suit la même logique, sauf qu'on lui laisse beaucoup plus longtemps le bénéfice du doute.
Le même baromètre donne le chiffre qui devrait vous intéresser bien plus que le prix de votre abonnement actuel : seules 20 % des entreprises interrogées émettent leurs factures dans un format structuré, du type Factur-X, UBL ou CII. Quatre sur cinq envoient encore des PDF ordinaires ou du papier. Les deux chiffres ne se contredisent pas : être équipé et être conforme sont deux choses différentes. Un logiciel qui sort un joli PDF fait très bien son travail aujourd'hui. Pour la machine qui reçoit ce PDF, c'est une image, pas une facture.
Or la réception de factures électroniques devient obligatoire le 1er septembre 2026, et l'émission au format électronique s'impose aux TPE et PME le 1er septembre 2027. Un logiciel qui ne sait pas produire une facture au format structuré et la transmettre via une Plateforme Agréée sera hors-jeu à cette date. Ce n'est pas une menace commerciale, c'est un calendrier publié par la DGFiP.
Le seul mauvais moment pour changer de logiciel, c'est l'été 2027.
Les trois peurs qui bloquent avant de changer
« Je vais perdre mes anciens devis et factures »
C'est le frein numéro un, et il repose sur une croyance fausse : celle que vos données appartiennent à la plateforme. Elles ne lui appartiennent pas. Votre éditeur de logiciel héberge un fichier clients, c'est-à-dire des noms, des adresses, des téléphones. Au sens du RGPD, ce sont des données personnelles, vous en êtes le responsable de traitement et l'éditeur n'en est que le sous-traitant.
La conséquence est écrite noir sur blanc à l'article 28.3.g du règlement : au terme de la prestation, le sous-traitant supprime ou renvoie les données personnelles au responsable du traitement, selon le choix de ce dernier. Pas selon le choix de l'éditeur. Un prestataire qui vous répond que vos contacts sont la propriété de son outil est hors des clous.
Attention à une nuance que personne n'explique. Le RGPD couvre les données personnelles, donc votre fichier clients. Vos devis et vos factures, eux, relèvent d'abord de votre contrat : c'est la clause de réversibilité des conditions générales qui dit sous quelle forme et dans quel délai on vous les rend. D'où le réflexe à avoir avant même de résilier, plutôt qu'après.
« Je n'ai pas le temps de me former »
Celle-là est fondée, et elle est mesurée. Toujours dans le Baromètre France Num 2025, 55 % des TPE et PME citent le manque de temps comme principal frein à la formation numérique. C'est le premier obstacle, devant le coût.
Sauf qu'il y a un malentendu sur le mot formation. Se former à un progiciel de gestion, oui, ça se compte en jours. Prendre en main un logiciel artisan simple, conçu pour quelqu'un qui pose du carrelage le matin et facture le soir depuis son téléphone, ça n'a rien à voir. Le test à faire pendant l'essai gratuit tient en une phrase : est-ce que j'arrive à sortir un vrai devis, pour un vrai chantier, sans ouvrir un tutoriel ?
Si la réponse est non au bout de vingt minutes, le problème n'est pas vous. C'est l'outil.
« Et si ça ne me convient pas ? »
La peur d'être coincé une deuxième fois. Elle est légitime quand on a déjà signé douze mois pour un outil qu'on n'ouvre plus depuis mars.
Deux garde-fous à exiger avant de signer où que ce soit : pas d'engagement de durée et pas de carte bancaire demandée à l'inscription pour l'essai. Sans carte enregistrée, rien ne peut se prélever tout seul à la fin de la période d'essai. C'est la différence entre un essai gratuit et un abonnement déguisé. ArtisanSmart applique les deux : 29 € HT par mois, 14 jours d'essai sans carte bancaire. L'abonnement est mensuel, reconduit mois par mois, et résiliable à tout moment sans préavis ni motif, depuis votre espace ou par simple e-mail au support.
Ce que dit la loi quand vous quittez un logiciel
Deux textes encadrent votre sortie, et ils ne disent pas la même chose. Les confondre est le meilleur moyen de se retrouver sans rien.
Le RGPD, article 28.3.g. Il porte sur les données personnelles que l'éditeur traite pour votre compte, donc votre fichier clients et vos contacts. À la fin du contrat, il doit les effacer ou vous les renvoyer, à votre choix. Le règlement ne fixe aucun délai chiffré pour cette restitution : c'est le contrat que vous avez signé qui le précise. Chez ArtisanSmart, la clause de réversibilité prévoit un délai de trente jours pour formuler la demande après la fin de l'abonnement, et une restitution sous trente jours au maximum.
Le code de commerce, article L123-22. Il ne parle pas de votre éditeur mais de vous. Vos documents comptables et vos pièces justificatives, factures comprises, doivent être conservés dix ans à compter de la clôture de l'exercice. L'article L102 B du livre des procédures fiscales impose de son côté six ans pour les documents sur lesquels s'exerce le droit de contrôle de l'administration. En pratique on retient dix ans, la durée la plus longue couvre l'autre.
Ce que ça change concrètement : c'est vous qui portez l'obligation d'archivage, pas votre ancien prestataire. Il n'a aucun devoir de garder vos documents à votre disposition indéfiniment après la résiliation. Récupérez l'export d'abord, résiliez ensuite. Dans cet ordre.
Modèle de demande à envoyer au support de votre logiciel actuel
Objet : demande de restitution de mes données avant résiliation
Bonjour,
Je souhaite obtenir la restitution des données de mon compte avant toute résiliation. Conformément à l'article 28.3.g du RGPD, je demande la restitution de l'ensemble des données personnelles traitées pour mon compte, en particulier mon fichier clients, dans un format structuré et couramment utilisé.
Je demande également, au titre de la clause de réversibilité de vos conditions générales, l'export de mes devis et de mes factures, ainsi que les fichiers nécessaires à mon archivage comptable.
Merci de me confirmer la réception de cette demande et le délai applicable.
Envoyez-le par e-mail au support, gardez la copie. Si le fichier n'arrive pas, vous avez une trace écrite et une base juridique. C'est tout ce qu'il faut.
Voici comment se déroule une sortie propre.
| Étape | Ce que vous faites | Ce qui conditionne le délai |
|---|---|---|
| 1 | Demande écrite de restitution à l'ancien éditeur, avant de résilier | Le délai inscrit dans ses conditions générales |
| 2 | Réception et vérification de l'export, fichier clients et documents | Sa réactivité, à surveiller |
| 3 | Archivage des PDF de devis et factures, sur votre disque ou votre cloud | Obligation de dix ans, elle vous incombe |
| 4 | Envoi du fichier clients au support du nouvel outil pour la reprise | Le format que l'ancien éditeur vous a donné |
| 5 | Réglage du compteur de numérotation pour prolonger votre séquence | Le dernier numéro émis dans l'ancien logiciel |
| 6 | Résiliation de l'ancien abonnement, une fois l'export vérifié | Son préavis éventuel |
L'étape 5 est celle qu'on oublie le plus souvent, et c'est la seule qui peut vous poser un problème en contrôle. La réglementation impose une numérotation de factures continue et chronologique, sans rupture, au titre de l'article 242 nonies A du CGI. Si votre dernière facture chez l'ancien outil était la 2026-0147, votre première facture dans le nouveau ne peut pas repartir à 1. ArtisanSmart a un réglage dédié dans les paramètres : vous indiquez votre dernier numéro émis et la séquence reprend au-dessus. Il est conçu pour prolonger une séquence existante, jamais pour créer un trou.
Combien de temps prend réellement une bascule
Une entreprise du bâtiment qui l'a fait
France Num, le dispositif public d'accompagnement au numérique piloté par la Direction générale des entreprises, publie des témoignages d'entreprises. L'un d'eux concerne Travaux Confort, une entreprise de second œuvre créée en 2008 à Narbonne, dirigée par Benjamin Palacio, qui compte quatre salariés permanents et travaille avec des sous-traitants. Cuisines, salles de bains, menuiserie, aménagements intérieurs et extérieurs.
Son parcours ressemble à celui de beaucoup d'artisans. Il s'était équipé d'outils spécifiques métier par métier, puis d'un logiciel de gestion qui, selon le témoignage publié, s'est révélé au fil du temps de moins en moins bien adapté à ses attentes. Il en a essayé plusieurs sans succès avant de trouver ce qui lui convenait.
« Je passe beaucoup moins de temps à la gestion. J'ai gagné entre 20 à 30 % de temps sur les tâches administratives. Surtout, on a une visibilité immédiate de tous les chantiers. »
Benjamin Palacio, Travaux Confort, témoignage publié par France Num, mis à jour le 26 février 2025
Là où ce cas est vraiment intéressant, c'est dans ce que le témoignage dit du chemin parcouru. Travaux Confort n'a pas acheté un logiciel métier prêt à l'emploi : l'entreprise s'est construit son propre outil sur une plateforme no-code. Le dirigeant a dû, d'après la page, s'investir fortement, avec plusieurs mois nécessaires pour modéliser les processus et paramétrer l'outil, et une phrase qui résume l'affaire : il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis. L'abonnement mensuel se situe aux alentours de 200 € HT pour une plateforme utilisable par une dizaine de collaborateurs.
Vingt à trente pour cent de temps administratif en moins, c'est le gain réel d'un artisan du bâtiment qui a changé d'outil. Plusieurs mois de paramétrage et 200 € HT par mois, c'est le prix qu'il a payé pour l'obtenir sur mesure. Un logiciel métier déjà construit pour le BTP vous évite la partie paramétrage, parce que le travail de modélisation a été fait avant vous. C'est exactement la différence entre construire son outil et en louer un.
On reprend votre fichier clients à votre place
Le moment qui fait peur, ce n'est pas le logiciel en lui-même. C'est le fichier CSV qu'on ouvre, avec ses colonnes dans le désordre, ses accents cassés et ses points-virgules. Beaucoup d'artisans s'arrêtent là et renoncent.
Chez ArtisanSmart, cette étape ne vous revient pas. Vous récupérez ce que votre ancien logiciel accepte d'exporter, vous envoyez le fichier au support, et la reprise de vos fiches clients est faite pour vous. C'est prévu dans les conditions générales, pas vendu en option. Vos anciens devis et factures, eux, restent dans votre ancien outil et dans l'archive que vous avez conservée, comme la loi vous y oblige.
Sur une demande de ce type, nos conditions générales fixent un accusé de réception en moins de 24 heures ouvrées. Le délai de 4 heures est réservé aux blocages complets du service.
Quatorze jours pour juger, sans carte bancaire
Quatorze jours, c'est le temps de faire trois ou quatre vrais devis, d'envoyer une facture à un vrai client, de voir la tête du PDF qu'il reçoit et de tester le support avec une vraie question. Pas de faire semblant avec des données de démonstration.
Testez sur le chantier en cours, pas sur un exemple. C'est le seul moyen de savoir si l'outil tient debout quand vous êtes dans le camion à 19 h avec une main sale et une barre de réseau.
Vous partez d'Excel, de Word ou du papier ?
Rien à migrer, c'est le cas le plus simple
Si vos devis sont sur Word et vos factures sur un tableur, il n'y a aucune migration à faire. Pas d'export à demander, pas de format à convertir, pas de support à relancer. Vous créez votre compte, vous saisissez votre première fiche client et vous faites votre premier devis.
Vos anciens documents restent où ils sont, dans votre classeur ou sur votre disque dur, et vous les conservez dix ans comme la loi l'exige. Le seul point d'attention reste le même que pour tout le monde : la continuité de votre numérotation de factures.
Ceux qui pensent avoir le plus de travail à faire sont en réalité ceux qui en ont le moins.
Le coût réel du changement pour une entreprise du BTP
Le Baromètre France Num 2025 mesure aussi ce que les entreprises dépensent. Dans le bâtiment, 27 % seulement ont dépensé plus de 1 000 € pour leurs projets numériques en 2024, contre 42 % toutes entreprises confondues. Le BTP est parmi les secteurs qui investissent le moins dans le numérique, avec le transport, l'hébergement-restauration et l'agriculture.
Ce n'est pas un reproche. Un artisan qui achète une nacelle sait exactement ce qu'elle lui rapporte, et c'est beaucoup moins évident pour un abonnement mensuel. À 29 € HT par mois, ArtisanSmart représente 348 € HT sur l'année, avec le raccordement à une Plateforme Agréée inclus dans l'abonnement et sans surcoût.
Le vrai calcul n'est pas là. Ce que coûte un outil inadapté, c'est du temps que vous ne facturez pas, des devis qui partent trois jours trop tard et, à partir de septembre 2027, une non-conformité à régler dans l'urgence.
Pour aller plus loin selon votre situation : si vous venez d'un outil précis, les comparatifs Alternative Obat et Alternative Tolteck détaillent périmètre par périmètre ce que vous gagnez et ce que vous perdez. Si vous n'avez pas encore arrêté votre choix, le comparatif des logiciels artisan 2026 reprend les quatre solutions du marché avec leurs vrais tarifs. Et si votre question est d'abord budgétaire, l'article sur le prix d'un logiciel de facturation décortique les coûts cachés. Sur le volet conformité, tout est expliqué dans Plateforme Agréée, ce que ça change pour vous.
Sources : Baromètre France Num 2025, Direction générale des entreprises · Témoignage Travaux Confort, France Num · Article 28 du RGPD, CNIL · Article L123-22 du code de commerce · Délais de conservation des documents, Entreprendre Service Public · Calendrier de la facturation électronique, impots.gouv.fr. Informations vérifiées le 25 août 2026.