Réglementation

Devis MaPrimeRénov' : mentions, TVA 5,5 % et reste à charge

Un beau chantier de rénovation énergétique peut être refusé par l'ANAH à cause d'un devis mal ficelé. Voici comment le rédiger pour que le dossier de votre client passe et que vous soyez payé.

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Romaric
Fondateur & CTO
15 juin 2026
12 min de lecture

Sur un chantier financé par MaPrimeRénov', le devis n'est plus un simple chiffrage : c'est la pièce maîtresse du dossier d'aide de votre client. Une mention oubliée, un taux de TVA mal posé ou une qualification RGE absente et le dossier est refusé. Pas votre travail. Votre papier. On regarde tout, dans l'ordre où ça compte pour vous.

La rénovation énergétique est le segment qui tire le BTP artisanal depuis trois ans. Mais c'est aussi celui où l'administratif fait le plus de dégâts. Un dossier MaPrimeRénov' s'instruit sur la base du devis signé. Si le vôtre est flou, l'instruction coince, votre client n'a pas son aide et c'est vous qu'il appelle.

TVA 5,5 % ou 10 % : le bon taux sur un chantier de rénovation énergétique

Premier réflexe, le taux de TVA. Sur les travaux d'amélioration de la performance énergétique d'un logement achevé depuis plus de deux ans, le taux réduit est de 5,5 % (article 278-0 bis A du Code général des impôts). Pas 10 %. Pas 20 %. Se tromper, c'est soit pénaliser votre client, soit prendre un risque de redressement.

Nature des travauxTaux de TVA
Isolation thermique, pompe à chaleur, chauffe-eau solaire, ventilation (logement +2 ans)5,5 %
Travaux induits indissociables (raccordements, reprises liées au geste)5,5 %
Autres travaux de rénovation ou d'entretien (logement +2 ans)10 %
Chaudière à combustible fossile (gaz, fioul), depuis le 1er mars 202520 %
Construction neuve, extension, logement de moins de 2 ans20 %

Le piège courant : un même chantier mélange souvent des gestes à 5,5 % et des travaux annexes à 10 %. Vous devez alors ventiler ligne par ligne, pas appliquer un taux unique au global. Pour le détail des trois taux et des cas limites, voir notre guide de la TVA dans le BTP. Les conditions du taux réduit sont détaillées par Service Public et par l'article 278-0 bis A du CGI sur Légifrance.

L'attestation de TVA a disparu : place à la mention signée

Changement que beaucoup d'artisans n'ont pas intégré. Depuis février 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), l'attestation Cerfa de TVA réduite (le formulaire 1301-SD) est supprimée. Vous ne la remplissez plus. Elle est remplacée par une mention que le client date et signe directement sur le devis ou la facture, certifiant que les conditions du taux réduit sont réunies.

Concrètement, vous gardez ce devis signé dans vos archives. C'est lui qui justifie le taux en cas de contrôle. Plus de paperasse Cerfa à part, mais une responsabilité qui se déplace sur la qualité de votre document.

Simulateur : TVA et reste à charge MaPrimeRénov'

Le client ne signe pas sur un montant de travaux. Il signe sur un reste à charge, ce qu'il sort vraiment de sa poche après l'aide. Montrez-lui ce chiffre dès le devis, vous signez plus vite. Estimez-le ici.

Estimation indicative. Le montant réel de l'aide dépend du revenu du foyer et du geste financé.

Vous voyez la mécanique : le taux réduit fait baisser le TTC avant même l'aide. Sur un chantier d'isolation, passer de 10 % à 5,5 % de TVA fait souvent gagner plusieurs centaines d'euros de reste à charge, sans rien changer au prix de votre travail.

Les mentions qui font accepter (ou refuser) le dossier

Un devis MaPrimeRénov' reprend les mentions obligatoires d'un devis BTP classiques. Mais l'instruction du dossier vérifie en plus des points précis. S'ils manquent, le dossier est rejeté même avec des travaux parfaits.

« Le client ne peut bénéficier de l'aide que si les travaux sont réalisés par une entreprise titulaire d'un signe de qualité RGE correspondant aux travaux engagés. »

Conditions d'éligibilité MaPrimeRénov', service-public.fr

Le réflexe à prendre : un devis de rénovation énergétique se rédige avec la fiche technique du produit sous les yeux. La performance posée sur le papier doit correspondre, au chiffre près, à celle du matériel réellement installé.

Les erreurs qui font refuser le dossier

Les motifs de rejet les plus fréquents tiennent au devis, pas au chantier :

  • Devis signé avant l'obtention ou hors période de validité de la qualification RGE.
  • Performance du matériel absente ou inférieure au seuil exigé.
  • Travaux ou devis signés avant l'accord de l'ANAH. C'est la première cause de refus : la demande, devis joint, doit être déposée et acceptée avant de signer et de démarrer le chantier.
  • Taux de TVA erroné qui fait gonfler le TTC et le calcul de l'aide.
  • Mention de TVA réduite non signée par le client depuis la réforme de février 2025.

Aucune de ces erreurs ne vient de votre savoir-faire sur le chantier. Elles viennent toutes du document. C'est précisément là qu'un outil structuré vous évite de perdre un chantier déjà gagné.

Acompte et facture de solde d'un chantier aidé

Sur un chantier de rénovation énergétique, vous demandez en général un acompte à la signature, puis le solde à la réception. La règle est la même que sur tout chantier : écrivez le mot acompte, posez la bonne TVA dès la facture d'acompte, déduisez-le sur le solde. Le détail est dans notre guide de l'acompte sur devis de travaux.

Point spécifique aux aides : le versement de MaPrimeRénov' intervient après la fin des travaux, sur présentation de la facture. Votre facture de solde doit donc reprendre exactement les éléments du devis (mêmes performances, mêmes quantités, même taux). Un écart entre devis et facture bloque le versement de l'aide à votre client.

Logiciel indépendant ou réseau qui prend une commission

Pour capter des chantiers MaPrimeRénov', deux modèles s'opposent. D'un côté, des réseaux qui vous apportent des leads en échange d'une part sur le chantier ou d'un abonnement lié à leur plateforme. De l'autre, un logiciel que vous payez à prix fixe, qui vous rend des devis conformes sans rien prélever sur votre marge ni vous enfermer dans un canal d'apport.

Le calcul est simple : un lead qui vous coûte un pourcentage de chantier coûte vite plus cher qu'un abonnement à 29 € HT par mois. Avant de signer avec un réseau, comparez le coût réel sur douze mois. Notre comparatif des logiciels pour artisans remet les modèles en face.

Gérer ses devis MaPrimeRénov' avec un logiciel

TVA 5,5 % posée par ligne, mention client signée intégrée, performances du matériel rattachées à chaque poste, facture de solde alignée sur le devis : faire tout ça à la main multiplie les occasions de rater un détail qui bloque le dossier.

Un logiciel de devis et facturation pour artisan enchaîne ces étapes sans rupture. Vous partez d'un modèle de devis conforme, vous chiffrez vos gestes énergétiques avec le bon taux, vous générez la facture de solde qui reprend tout et vous gardez la chaîne complète Factur-X et raccordement PA prête pour septembre 2026. Le cas de l'auto-entrepreneur en franchise de TVA est géré aussi, avec la mention 293 B du CGI.

Sources : CGI, art. 278-0 bis A, Légifrance · Taux de TVA des travaux de rénovation, Service Public · MaPrimeRénov', site officiel ANAH. Suppression de l'attestation Cerfa : loi n° 2025-127 du 14 février 2025. Exclusion des chaudières à combustible fossile du taux réduit depuis le 1er mars 2025 (art. 278-0 bis A, III bis du CGI).

Questions fréquentes

Pour les travaux d'amélioration de la performance énergétique d'un logement de plus de deux ans, le taux est de 5,5 % (article 278-0 bis A du CGI) : isolation thermique, pompe à chaleur, chauffe-eau solaire, ventilation. Depuis le 1er mars 2025, les chaudières à combustible fossile (gaz, fioul) sont exclues et relèvent du taux de 20 %. Les autres travaux de rénovation restent à 10 % et le neuf à 20 %.
Non. Depuis février 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), l'attestation Cerfa de TVA réduite est supprimée. Elle est remplacée par une mention que le client date et signe sur le devis ou la facture. L'artisan conserve cette mention signée en cas de contrôle.
Au-delà des mentions légales habituelles, le devis doit préciser la qualification RGE, la marque, la référence et les performances du matériel (résistance thermique, COP, classe énergétique), les quantités et surfaces, le détail par poste et la date. L'instruction compare ces éléments aux exigences techniques de l'aide.
Oui, pour la quasi-totalité des gestes financés, le client ne peut obtenir l'aide que si l'entreprise est qualifiée RGE pour le geste au moment de la signature du devis. Un devis émis sans la bonne qualification fait refuser le dossier, même si les travaux sont impeccables.
Le reste à charge est le montant TTC du devis moins le total des aides accordées (MaPrimeRénov', certificats d'économie d'énergie, aides locales). Le taux de TVA réduit fait baisser le TTC avant l'aide, ce qui réduit le reste à charge. Le montrer dès le devis aide à signer.
Oui. Un auto-entrepreneur RGE peut réaliser des travaux ouvrant droit à MaPrimeRénov'. En franchise de base, il facture sans TVA avec la mention article 293 B du CGI. L'éligibilité tient à la qualification RGE et aux critères techniques, pas au régime fiscal.