Devis & Factures

Facture impayée artisan : comment l'éviter avant de la subir

Acompte, procès-verbal de réception, pénalités de retard et trois modèles de relance à copier. Le guide écrit du côté de celui qui a fait le chantier.

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Fondateur ArtisanSmart
7 septembre 2026
Mis à jour le 7 septembre 2026
13 min de lecture

Une facture impayée se joue rarement au tribunal. Elle se joue dans le devis, dans l'acompte et dans le procès-verbal de réception, c'est-à-dire des semaines avant que le client cesse de répondre. Entre professionnels, les pénalités de retard courent dès le lendemain de l'échéance, sans rappel ni mise en demeure, et une indemnité forfaitaire de 40 euros s'y ajoute. Voici comment fermer les portes en amont, quoi faire quand elles sont restées ouvertes, et trois modèles de lettres de relance à copier.

Artisan du bâtiment sur un chantier de rénovation, facture impayée artisan
Le chantier est fini. L'artisan a avancé les matériaux et le temps. Le paiement, lui, se prépare bien avant la dernière journée de travaux.

Sur un forum, un artisan raconte son histoire. Vingt ans de métier, jamais un souci. Puis un client qui invoque des défauts qu'il ne comprend même pas et qui bloque 40 % de la facture.

Au milieu de son message, cette phrase :

« Aucun document écrit de réception de travaux n'a été fait. À vrai dire, jusqu'à aujourd'hui, je n'en ai jamais eu besoin. Erreur ? »

Artisan du bâtiment, 20 ans de métier, forum Droit-Finances

Vingt ans sans en avoir besoin. Et un point d'interrogation.

Voilà comment l'impayé arrive vraiment chez l'artisan. Pas par un escroc tombé du ciel. Par un dossier monté à la confiance, sur des chantiers où ça s'était toujours bien passé, avec un client qu'on tutoyait la semaine d'avant.

Tout ce qu'on lit sur les impayés est écrit pour le client

Tapez « facture impayée » dans un moteur de recherche. Vous tomberez sur des cabinets de recouvrement, des avocats, des sociétés d'affacturage. Tous commencent après : relance, mise en demeure, injonction, tribunal.

Le même artisan du forum l'avait vu venir :

« Il n'y a qu'à inscrire malfaçons dans le moteur de recherche et regarder combien d'articles existent sur la protection des artisans contre les clients malveillants... Aucun ! »

Même fil de discussion, mars 2016

Il a raison, et c'est assez gênant. Tout le contenu du marché est écrit du point de vue de celui qui se demande s'il doit payer. Presque rien pour celui qui a posé le placo.

On commence donc par le devis.

L'acompte n'est pas une avance, c'est un engagement

Un client qui a versé 30 % a mis quelque chose de lui dans le chantier. Il se comporte autrement. Il répond au téléphone.

Le montant dépend du chantier : 30 à 40 % sur un chantier court, davantage quand vous avancez des matériaux qui coûtent cher. Ce qui compte n'est pas le pourcentage exact, c'est qu'il soit écrit sur le devis. Pas convenu sur le pas de la porte.

Notre calculateur d'acompte vous donne le montant adapté à votre chantier, et le détail des règles est dans le guide de l'acompte sur un devis de travaux.

Facturer une seule fois à la fin, c'est l'erreur qui coûte le plus cher

Trois semaines de chantier, une facture à la fin. Trois semaines de travail suspendues à une seule signature.

Découpez. Acompte à la signature, un point à mi-parcours, le solde à la réception. Chaque étape facturée est une étape acquise. Si ça coince au solde, vous discutez sur le dernier tiers. Pas sur la totalité.

Et si vous vous dites que le client va trouver ça lourd : non. C'est comme ça que travaillent toutes les entreprises du bâtiment au-dessus de deux salariés. Le seul qui trouve ça bizarre, c'est l'artisan seul qui n'ose pas le proposer.

Plusieurs acomptes sur le même devis

Dans ArtisanSmart, chaque acompte se déduit automatiquement du solde. Vous refaites le geste à mi-chantier, l'application vous rappelle ce qui reste possible, aucun calcul à refaire.

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« Bon pour accord », la date, la signature

Trois secondes sur le chantier. Un devis non signé transforme une créance évidente en dossier à plaider, et un artisan de l'Ain l'a appris en deux ans de procédure pour trente mille euros.

La signature peut se faire à distance : le client reçoit un lien, signe sur son téléphone, vous récupérez le document horodaté. Plus de raison de repartir sans.

Profitez-en pour vérifier les mentions obligatoires de votre devis. Il y en a seize. Certaines conditionnent votre droit à réclamer quoi que ce soit.

Le procès-verbal de réception, ou le document le plus rentable du bâtiment

Retour à la phrase du début. Vingt ans sans procès-verbal de réception, et un dossier qui s'effondre.

Voici pourquoi. Tant que la réception n'est pas actée par écrit, votre client peut soutenir six mois plus tard que le chantier n'était pas fini, ou qu'il y avait des malfaçons. Vous n'avez rien à opposer. Sa parole contre la vôtre, et devant un juge ça ne vaut pas grand chose.

Le document tient sur une page. La date, l'objet, la mention que les travaux sont reçus avec ou sans réserves, deux signatures. Quand il y a des réserves, vous les levez par écrit une fois corrigées, et elles ne peuvent plus ressortir six mois après pour justifier un non-paiement.

Cinq minutes en fin de chantier. Vous supprimez la principale ligne de défense du mauvais payeur.

Le procès-verbal de réception est dans vos modèles

Avec l'avenant au devis et l'attestation de bonne exécution. Ils se remplissent depuis les données du chantier, vous n'avez rien à ressaisir.

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Où se fixe le taux que vous pourrez réclamer

Le taux de vos pénalités se fixe à deux endroits : la mention portée sur vos factures, et vos conditions générales de vente si vous en avez.

Sans rien de tout ça, c'est le taux supplétif qui s'applique. La mention sur la facture est le minimum, et c'est celui que vous pourrez opposer le plus facilement. Pour des conditions générales complètes, faites-les relire par un professionnel du droit : ce document engage votre responsabilité contractuelle, ce n'est pas un formulaire.

Les pénalités de retard sont un droit, pas une menace

La plupart des artisans ne les réclament jamais. Beaucoup ignorent même qu'elles leur sont dues sans rien faire.

Elles courent dès le lendemain de l'échéance. Pas de relance à envoyer, pas de mise en demeure, rien à rappeler. De plein droit, selon l'article L441-10 du Code de commerce.

Entre professionnels s'ajoute une indemnité forfaitaire de 40 euros pour frais de recouvrement, fixée par l'article D441-5. Par facture. Pas par client.

Deux taux, et la confusion coûte cher

TauxValeurQuand il s'applique
Taux supplétif12,40 %Rien n'est prévu dans vos CGV ni sur la facture. Taux BCE de refinancement (2,40 %) majoré de 10 points.
Plancher légal8,25 %Le taux que vous fixez ne peut jamais descendre sous trois fois le taux d'intérêt légal professionnel (2,75 %).
Indemnité forfaitaire40 €Par facture impayée, entre professionnels uniquement (art. D441-5).

Chiffres au second semestre 2026. Ces taux sont révisés au 1er janvier et au 1er juillet.

Une règle à retenir, et une seule : le taux opposable est celui écrit sur votre facture. Si votre facture annonce trois fois le taux légal, c'est ce taux que vous réclamez. En demander un autre dans un courrier offre au client un motif de contester, et vous perdez le bénéfice de la lettre.

Face à un particulier, changement de décor. Ni les 40 euros, ni les pénalités automatiques. Vous pouvez réclamer les intérêts légaux, mais seulement à partir de la mise en demeure, article 1231-6 du Code civil.

Combien vous doit-il, exactement ?

Notre calculateur de pénalités de retard applique la formule légale et vous donne le montant dû, intérêts et indemnité compris.

Calculer mes pénalités

Modèles de relance de facture impayée : les 3 lettres à copier

Sur le forum, le deuxième artisan écrit une phrase qui dit tout : « j'hésite à engager une procédure ».

Il n'hésite pas parce qu'il ignore quoi faire. Il hésite parce que réclamer son argent à quelqu'un avec qui on a bu le café pendant trois semaines, ça coûte quelque chose. Alors on repousse. Et plus on repousse, plus c'est dur de s'y mettre.

La parade n'a rien de malin : ne décidez pas à chaque fois. Posez la règle une bonne fois et appliquez-la sans y penser. J+7, J+15, J+30.

Et oui, une relance envoyée par email a la même valeur qu'un courrier : c'est le sujet de notre article sur l'envoi d'une facture par mail. Gardez simplement la trace de l'envoi.

Le calendrier de relance d'une facture impayée
J1
Lendemain de l'échéance

Les pénalités courent

De plein droit, sans rappel ni mise en demeure, entre professionnels. Indemnité forfaitaire de 40 euros par facture.

J7
Une semaine

Relance amiable

Mail ou SMS. Ton neutre, vous supposez l'oubli. Rappel du numéro de facture, du montant et de l'IBAN.

J15
Deux semaines

Relance ferme

Courrier avec la facture et le devis signé joints. Délai de 8 jours annoncé, mention des pénalités si le client est un professionnel.

J30
Un mois

Mise en demeure

Recommandé avec accusé de réception. Délai de 15 jours. C'est la pièce qui ouvre l'injonction de payer, et le point de départ des intérêts face à un particulier.

Posez ce calendrier une fois, appliquez-le sans y repenser. C'est la décision prise à l'avance qui débloque, pas la connaissance de la procédure.

Modèle de lettre de relance amiable (J+7)

Ton neutre. Vous supposez l'oubli, parce que neuf fois sur dix c'en est un.

Objet : Relance facture n° [NUMERO] - [MONTANT] € TTC - échéance du [DATE ECHEANCE]

Bonjour [Prénom],

Sauf erreur de ma part, la facture n° [NUMERO] d'un montant de [MONTANT] € TTC,
correspondant aux travaux de [DESCRIPTION] réalisés du [DATE DEBUT] au [DATE FIN]
à [ADRESSE CHANTIER], est arrivée à échéance le [DATE ECHEANCE].

Je n'ai pas encore reçu le règlement.

Merci de me confirmer la date de virement, ou de me signaler s'il manque un
document de votre côté.

Coordonnées de paiement :
IBAN [IBAN] - BIC [BIC]
Libellé : facture [NUMERO]

Bien cordialement,
[NOM]
[ENTREPRISE] - SIRET [SIRET]
[TEL]

La dernière phrase vaut plus qu'elle n'en a l'air. « S'il manque un document de votre côté » laisse une sortie honorable, et vous apprend parfois que votre facture n'est jamais arrivée au bon service.

Modèle de relance ferme (J+15)

Vous annoncez la suite. Sans menacer.

Objet : 2e relance - facture n° [NUMERO] de [MONTANT] € TTC restée impayée

Madame, Monsieur,

Malgré ma relance du [DATE 1RE RELANCE], la facture n° [NUMERO] du [DATE FACTURE],
d'un montant de [MONTANT] € TTC, n'est toujours pas réglée.
Échéance : [DATE ECHEANCE].

Travaux : [DESCRIPTION] - chantier [ADRESSE].

Je vous demande de procéder au paiement sous 8 jours, soit avant le [DATE LIMITE].

À défaut, je serai contraint d'adresser une mise en demeure et d'appliquer les
pénalités de retard prévues sur ma facture, ainsi que l'indemnité forfaitaire de
40 € pour frais de recouvrement (art. D.441-5 du Code de commerce).
[Ce paragraphe uniquement si votre client est un professionnel]

IBAN [IBAN] - facture [NUMERO]

Cordialement,
[NOM] - [ENTREPRISE]
[ADRESSE] - SIRET [SIRET] - [TEL] - [EMAIL]

Pièces jointes : facture n° [NUMERO] et copie du devis signé.

Joignez toujours le devis signé. C'est exactement ce qui manquait à l'électricien de l'Ain.

Modèle de mise en demeure de payer (J+30, en recommandé)

Le document qui fait basculer le dossier. Il doit être précis au montant près.

[ENTETE : nom, adresse, SIRET, téléphone, e-mail]

[NOM / RAISON SOCIALE DU DEBITEUR]
[ADRESSE]

À [VILLE], le [DATE]
Lettre recommandée avec accusé de réception

Objet : MISE EN DEMEURE de payer la facture n° [NUMERO] - [MONTANT] € TTC

Madame, Monsieur,

Par la présente, je vous mets en demeure de régler la somme de [MONTANT] € TTC,
correspondant à la facture n° [NUMERO] émise le [DATE FACTURE], échue le
[DATE ECHEANCE], relative aux travaux suivants :

- Nature : [DESCRIPTION]
- Lieu : [ADRESSE CHANTIER]
- Devis n° [NUMERO DEVIS] signé le [DATE SIGNATURE]
- Relances amiables : [DATES]

À ce jour, aucun règlement n'est parvenu.

Je vous somme de payer sous quinze (15) jours à compter de la réception de cette
lettre, soit :

- Principal : [MONTANT] € TTC
- Indemnité forfaitaire de recouvrement : 40,00 € (art. D.441-5 du Code de commerce)
- Pénalités de retard au taux de [TAUX] % l'an mentionné sur la facture, à compter
  du [DATE ECHEANCE + 1 JOUR], jusqu'à parfait paiement
- Total à ce jour : [TOTAL] €
[Les deux lignes de pénalités uniquement si votre client est un professionnel]

Règlement par virement : IBAN [IBAN] - BIC [BIC] - libellé facture [NUMERO].

À défaut de paiement dans ce délai, je me réserve le droit d'engager toute
procédure utile, frais à votre charge.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[SIGNATURE]
[NOM, qualité]

Pièces jointes : facture, devis signé, procès-verbal de réception le cas échéant,
copies des relances.

Gardez l'accusé de réception. Sans lui, votre mise en demeure ne prouve rien.

Ces modèles sont à vous, copiez-les

Dans ArtisanSmart, ils se génèrent pré-remplis depuis la facture concernée : numéro, montant, dates, devis signé rattaché, taux repris de votre facture. Plus de ressaisie à 23 heures dans la cuisine.

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Sous-traitant ? Ce paragraphe vaut le reste de l'article

C'est le piège le plus cher pour un artisan qui travaille pour un généraliste.

Quand l'entreprise principale ne paie pas, vous pouvez vous retourner directement contre le maître d'ouvrage. C'est l'action directe, article 12 de la loi du 31 décembre 1975. Elle survit même à la liquidation de l'entreprise principale, et c'est tout son intérêt : le jour où le généraliste dépose le bilan, elle est votre seule porte.

Trois conditions, ensemble :

  1. une mise en demeure adressée à l'entreprise principale
  2. une copie de cette mise en demeure envoyée au maître d'ouvrage
  3. un délai d'un mois après cette mise en demeure restée sans effet

La deuxième est celle qu'on oublie. Sans la copie au maître d'ouvrage, le mois ne démarre jamais et la porte reste fermée.

Action directe du sous-traitant : les trois conditions
1

Mise en demeure

Adressée à l'entreprise principale, en recommandé avec accusé de réception.

2

Copie au maître d'ouvrage

Le même jour, dans une seconde enveloppe. C'est elle qui fait partir le compteur.

La condition oubliée
3

Un mois d'attente

Après la mise en demeure restée sans effet. Pas avant.

Les trois réunies, l'action directe contre le maître d'ouvrage est ouverte, et elle survit à la liquidation de l'entreprise principale. Sans la copie au maître d'ouvrage, le mois ne démarre jamais. Article 12 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975.

Le geste qui règle ça : le jour où vous envoyez votre mise en demeure, vous en postez une copie au maître d'ouvrage. Même journée, deux enveloppes. Ça ne vous engage à rien et ça vous ouvre tout.

Mieux encore : demandez votre acceptation dès le début du chantier. Un sous-traitant accepté par le maître d'ouvrage, avec ses conditions de paiement agréées, part avec une protection que les autres n'ont pas. La Fédération Française du Bâtiment détaille les garanties du sous-traitant.

Ce que la facturation électronique change vraiment

On vous l'a vendue comme une contrainte de plus. Regardons-la du côté de celui qui a avancé les matériaux.

L'impayé ne naît pas au tribunal. Il naît dans le flou. Qui a reçu quoi, quand, pour quel lot, avec quel acompte. Un PDF dans une boîte mail, c'est un objet discutable : « je ne l'ai jamais reçue » reste opposable et vous fait perdre trois semaines.

Une facture passée par une Plateforme Agréée porte une date, une identité, un montant et un statut. Votre client ne peut plus contester le point de départ. Donc il ne peut plus contester le J+1 de vos pénalités.

Concrètement, vous récupérez :

Et ce qu'elle ne fera pas, parce qu'il faut le dire aussi : elle ne saisit pas le compte de votre client, elle ne remplace pas la garantie de paiement de l'article 1799-1 du Code civil, elle ne déclare pas votre sous-traitance au maître d'ouvrage. La réforme ne crée pas l'argent. Elle enlève l'excuse.

Le calendrier et les formats sont détaillés dans la facture électronique en 2026, et notre raccordement dans la Plateforme Agréée Pennylane.

Si la facture reste impayée : les recours

Vous avez relancé, mis en demeure, et il ne se passe toujours rien. La suite, du plus léger au plus lourd.

ÉtapeQuandCe que vous faites
Relance amiableJ+7 puis J+15Mail, puis courrier avec les pièces
Mise en demeureJ+30Recommandé avec accusé de réception
Injonction de payerAprès le délai accordéRequête au tribunal, sans audience
AssignationSelon le montantQuand le client conteste sur le fond

L'injonction de payer mérite qu'on s'y arrête, parce que peu d'artisans la connaissent et qu'elle règle beaucoup de dossiers. Vous déposez une requête avec vos pièces. Un juge examine sans audience, sans avocat obligatoire. Si la créance tient, il rend une ordonnance. Le client a un mois pour s'y opposer, et s'il ne bouge pas vous avez un titre exécutoire.

C'est plus rapide qu'un procès et beaucoup moins cher.

Le délai qui efface tout

Passé un certain temps, votre créance disparaît. Sans recours, sans rattrapage.

Deux ans face à un particulier, article L218-2 du Code de la consommation. Cinq ans entre professionnels.

Deux ans, c'est court. C'est le temps de se dire « je verrai ça cet hiver » deux hivers de suite. La parade coûte huit euros : une mise en demeure en recommandé, dès le premier dossier qui traîne, et vous restez dans les clous.

Ce qu'il faut retenir

Les impayés ne viennent pas seulement des mauvais payeurs. Ils viennent du flou : un devis non signé, une facture envoyée on ne sait où, une réception jamais actée, une sous-traitance jamais déclarée.

L'artisan du forum avait vingt ans de métier et un dossier vide. Ce n'était pas de la négligence. C'était l'habitude d'un métier où la parole valait quelque chose, sur un chantier où elle n'a plus suffi.

Le devis signé, l'acompte écrit, le procès-verbal de réception : trois papiers, dix minutes en tout, répartis sur trois semaines de chantier. C'est le prix pour ne plus jamais avoir à écrire « est-ce que j'ai un recours ? » sur un forum, à onze heures du soir.

Questions fréquentes

Les trois modèles se trouvent plus haut dans cet article, libres de droits : relance amiable à J+7, relance ferme à J+15, et mise en demeure à J+30 à envoyer en recommandé avec accusé de réception. Copiez-les et remplacez les champs entre crochets par vos données.
Relancez par écrit sous huit jours, facture et devis signé joints. Si le refus porte sur des malfaçons, demandez-lui de les décrire précisément, par écrit. Un refus fondé se décrit. Un refus de mauvaise foi reste vague. Sans réponse, passez à la mise en demeure en recommandé.
Dès le lendemain de l'échéance, entre professionnels, sans rappel ni mise en demeure. Elles sont dues de plein droit selon l'article L441-10 du Code de commerce, et s'y ajoute une indemnité forfaitaire de 40 euros fixée par l'article D441-5.
Montant TTC multiplié par le taux annuel, multiplié par le nombre de jours de retard, divisé par 365. Le taux est celui mentionné sur votre facture. Sans mention, c'est le taux BCE de refinancement majoré de 10 points, soit 12,40 % au second semestre 2026. Notre calculateur le fait pour vous.
30 à 40 % à la signature sur un chantier courant, davantage si vous avancez des matériaux coûteux. Le pourcentage doit figurer sur le devis. Sur un chantier long, complétez par des acomptes intermédiaires versés à l'avancement.
Deux ans face à un particulier, article L218-2 du Code de la consommation. Cinq ans entre professionnels. Après, la créance est éteinte. Une mise en demeure en recommandé, envoyée dès le premier dossier qui traîne, vous garde dans les délais.
C'est risqué. Une interruption peut vous être reprochée et vous exposer à des dommages et intérêts. Suspendez uniquement après une mise en demeure restée sans effet, et prévenez par écrit en indiquant le motif.
Elle protège surtout le client : c'est une somme qu'il conserve pour couvrir d'éventuelles réserves. Plafonnée à 5 % du montant des travaux, elle doit vous être restituée un an après la réception si aucune réserve n'a été formulée. Loi n° 71-584 du 16 juillet 1971.
Reprenez le modèle plus haut. À y faire figurer : identification de la facture, montant, référence au devis signé, délai accordé, envoi en recommandé avec accusé de réception. Joignez la facture, le devis signé et les copies des relances.

Sources : Code de commerce, art. L441-10 à L441-16 (Légifrance) · Loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975, art. 12 (Légifrance) · FFB, garanties et recours du sous-traitant · Taux BCE de refinancement au second semestre 2026.

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Romaric Sauvanet · Fondateur ArtisanSmart

25 ans d'expérience terrain en B2B et dématérialisation documentaire. Accompagne les artisans du bâtiment dans leur transition numérique depuis 2025.